Un ex-soldat de Tsahal demande la nationalité palestinienne


Son service militaire à peine terminé Andre Pshenichnikov 23 ans est parti vivre dans un camp de réfugiés de Cisjordanie pour faire partie de la résistance palestinienne

Dans la longue saga israelo-palestinienne, un ancien soldat de Tsahal s’est embarqué pour un voyage inédit. Il veut renoncer à sa citoyenneté israelienne et vivre dasn un camp de réfugié de Cisjordanie.

André Pshenichnikov un immigré juif du Tajikistan de 23 ans s’est vu récemment détenu par la police israélienne pour résider illégalement au camp de réfugiés de Deheishe près de Bethlehem. Il leur a déclaré qu’il voulait rompre tout lien avec Israël, abandonner sa nationalité israelienne et obtenir la nationalité palestinienne en contrepartie.

André Pshenichnikov voyage en ce moment en Europe pour deux mois. Quand il rentrera il espère déménager en Cisjordanie. Il est extrêmement rare que des israéliens cherchent à vivre sous autorité palestinienne. Il y a très peu de personnes à avoir franchi le pas et la plupart l’ont fait pour se marier à des palestiniens. Aucun a renoncé à sa nationalité israélienne à la différence de certains vivants à l’étranger. Mais personne a cherché à vivre en Cisjordainie. Il est impossible d’avoir la double nationalité.

Joint chez elle la mère de André Pshenichnikov avoue être troublée par le projet de son fils. «Je suis sa mère et je m’efforce de le soutenir du mieux que je peux mais je ne supporte pas son combat».

«Je hais le sionisme»

La famille de André Pshenichnikov a immigré quand celui-ci avait 13 ans. Après avoir servi les trois ans règlementaires dans l’arméee comme programmeur informatique dans le service de télécommunication de Tsahal, André Pshenichnikov a même servi un an et demi supplémentaire comme militaire de carrière. 

Mais au cours de son service militaire, il s’est mis à questionner le sort réservé par Israël aux palestiniens. Depuis il a complètement rejeté son pays d’accueil. A la fin de son service militaire il a déménagé au camp de réfugiés et a travaillé comme serveur dans un hôtel de Bethlehem et comme manoeuvre à Deheishe.

«Je hais le sionisme…et je veux faire partie de la résistance palestinienne» a déclaré André Pshenichnikov à Associated Press. «J’appelle les Israéliens qui soutiennent l’existence d’un Etat palestinien à faire la même chose, de venir vivre en Cisjordanie ou Gaza comme des Palestiniens».

Les palestiniens veulent faire de la Cisjordanie une partie de leur Etat. Pour le moment, au vue des accords passés avec Israël, ils n’ont pas la citoyenneté palestinienne mais des cartes d’identités délivrées par une autorité auto-proclamée et des passeports palestiniens. 

André Pshenichnikov dit avoir choisi de vivre près de Bethlehem dans l’espoir de mettre à profit sa maîtrise de la langue de Tolstoï pour guider des touristes russes dans la ville où est né Jésus.

Espion israélien ?

Au départ, il a attiré la suspicion des résidents. De nombreux palestiniens le prenaient pour un espion israélien et les autorités palestiniennes l’ont même remis aux autorités israéliennes. Mais Pshenichnikov est resté ferme sur ses positions. Retournant à Deheishe, il a été de nouveau arrêté par les forces palestiniennes et remis à Israël une fois de plus.

La police israélienne l’a libéré sous conditions, a mis fin aux poursuites et lui a interdit d’entrer dans les territoires contrôlés par l’autorité palestinienne.

Tareq Abu Sheikha, qui a loué une chambre à Pshenichnikov pour un mois dit qu’il était «suspect et malhonnête».

Abu Sheikha dit que André  Pshenichnikov s’est présenté comme un activiste russe et l’a même vu jeter des pierres sur les soldats durant des manifestations. Mais il a été aussi surpris en-train de parler en hébreux et posséder une carte d’identité militaire de Tsahal.

«Nous n’avons aucun problème avec un israélien venant pour faire partie des nôtres. Nous serons honorés et leur donnerons même une carte d’identité, mais ce jeune homme était suspect et a menti c’est pourquoi nous l’avons remis aux israéliens», a-t-il déclaré.

“Sécurité non-garantie”

 Renoncer à la citoyenneté israélienne est un processus long et difficile. La porte-parole du ministère de l’intérieur, Sabine Hadad, explique qu’il faut émettre une demande à un représentant israélien à l’étranger comme preuve d’une nationalité autre et attendre une décision qui n’est pas automatiquement accordée. Elle avoue n’être pas familière du cas de André Pshenichnikov et précise que seulement quelques centaines de personnes ont leur citoyenneté révoquée chaque année.

L’armée israélienne refuse de commenter l’affaire

Le gouverneur de Bethlehem Abdel-Fatah Hamayel, dit que sur le principe il n’y a aucun problème pour accorder la citoyenneté palestinienne à André Pshenichnikov mais que cela doit être fait selon la procédure légale.

« Il n’était pas supposé rentrer illégalement. Si les gens connaissent son identité, il n’y a pas de garantie pour sa sécurité. Il aurait du informé la partie palestinienne avec une demande officielle qui aurait été considérée ».

 

Israël demande à ses visiteurs d’ouvrir leur e-mail pour des vérifications


Des agents du Shin Bet demandent à voir les mails d’une activiste pro-palestinienne suspectée de liens avec des organisations terroristes

Quand Sandra Tarami est arrivée à l’aéroport international de Ben Gourion, celle-ci s’est vue soumise à une demande inhabituelle : un agent du Shin Bet lui a mis un écran d’ordinateur sous le nez connecté à gmail et lui a demandé de se connecter. L’agent suspectant Sandra Tamari d’être une activiste pro-palestinienne a voulu inspecté son compte email pour trouver des preuves. L’américaine de 42 ans d’origine palestinienne ayant refusé elle a été simplement expulsée du pays.

Le cas de Sandra Tamari n’est pas unique. A l’heure d’une guerre cybernétique, selon des touristes, le pays a commencé a demandé à ses visiteurs suspects d’ouvrir leur e-mail personnel pour des inspections. La pratique vise à démasquer les visiteurs qui ont un passé de militantisme pro-palestinien, ce qui a débouché dans un présent proche à l’expulsion d’au moins trois citoyennes américaines. On se sait pas à quel point la pratique est répandue.

Fouilles draconiennes

Interrogée à ce sujet l’agence du Shin Bet a confirmée les dires de Sandra Tamari tout en spécifiant avoir agi selon la procédure légale. Israël a un long passé de profilage ethnique un mal pour un bien au vue de l’expérience accumulée en matière de terrorisme. Les procédures en matière de sécurité apparaissent de plus en plus draconienne. De récentes fouilles de journalistes venus participer à des événements officiels ont été suffisament dissuasives pour créer des mini-scandales accusant le gouvernement de musuler toute voix discordante.

Diana Butto un ancien juriste de l’autorité palestinienne et un camarade à l’Harvad Kennedy School of gouvernment explique que la mesure de fouille des emails personnels autrefois exceptionnelles est devenue une pratique courante cette année. Diana Butto explique que les agents du Shin Bet veulent voir les itinéraires, les articles publiés ou les commentaires sur Facebook. « Le problème est que vous ne pouvez pas dire que vous êtes venue la Judée Samarie sans tomber dans une sorte de piège. ou vous mentez et vous risquez alors d’être pris en-train de mentir ou vous dites la vérité et vous risquez de ne pas être admis d’y rentrer ».

Sandra Tamari qui est de Saint-Louis dit être arrivée en israéle 21 mai pour participer à une conférence oeucuménique. Elle se décrit elle-même comme une activiste Quaker et reconnait avoir pris part à des campagnes de boycott et désinvestissement d’Israël. Etant donné son passé d’activiste elle s’attendait à des tracas mais ne pensait pas devoir ouvrir sa boîte e-mail. Elle raconte que les agents du Shin Bet on découvert son adresse email en fouillant dans ses affaires. « Quand ils m’ont demandé de me connecter et que j’ai refusé un agent m’a dit, puisque c’est comme ça, vous cachez quelque chose, vous devez être un terroriste» Placée en cellule de rétention elle a été expulsée vers les Etats-Unis le jour d’après. « L’idée que quelqu’un comme moi un Quaker ayant de la famille aux Etats-Unis faisant partie d’une délégations de pacifistes puisse se voir refuser l’entrée ne m’a jamais traversé l’esprit ».